Presse du 31 mai 2009
Rdp du 31 mai 2009
«L'UGTA a perdu une bataille»
«L'UGTA a perdu une bataille. Nous avons finalement réussi à faire changer d'avis au gouvernement sur la question du régime indemnitaire que Sidi-Saïd voulait négocier dans le cadre de la tripartite.» C'est ce que nous a déclaré hier le coordinateur du Conseil national des enseignants du supérieur (Cnes), qui revient sur les raisons qui ont poussé le Cnes à maintenir une protestation de trois jours, malgré les acquis arrachés lors de la rencontre de lundi dernier avec le ministre de l'Enseignement supérieur.
Rosa Mansouri - Alger (Le Soir) - «La décision de justice qui a déclaré illégale notre grève de 15 jours nous a été notifiée jeudi et nous avons pris nos précautions dans ce sens, en prévoyant un arrêt de travail de trois jours», explique M. Rahmani et d'ajouter que cette protestation est un signe de refus de la décision de justice qui, à chaque fois, se prononce sur l'illégalité des grèves menées par les syndicats autonomes et aussi une halte pour évaluer, à travers les universités, les promesses faites par la tutelle. Le premier acquis arraché effectivement reste celui de l'instruction du Premier ministre qui consiste à autoriser les départements qui ont finalisé les statuts particuliers de procéder à la finalisation des régimes indemnitaires. «Nous avons programmé des réunions avec les responsables du ministère à partir de la semaine prochaine pour finaliser le projet sur le régime indemnitaire. Nous n'allons pas tarder à le déposer au bureau du Premier ministre», a fait savoir notre interlocuteur.
Sur le plan social, le Cnes a exigé du ministre Harraoubia des pré-affectations des 6 500 logements destinés à l'enseignement supérieur dans le cadre du programme quinquennal du président de la République. «Nous souhaitons connaître la liste des bénéficiaires et s'assurer que ces logements n'iront pas à des destinations inconnues », fait-il remarquer. Il a insisté également sur une meilleure prise en charge des enseignants qui logent dans des F1 et F2. Le Cnes a suggéré, dans ce sens, à ce que ces enseignants restituent les logements qu'ils occupent pour bénéficier d'autres plus spacieux.
Concernant, par ailleurs, la gouvernance au sein des universités, le Cnes estime avoir arraché un acquis considérable, puisque deux décrets exécutifs seront prochainement promulgués. Le premier porte sur la création d'une commission nationale indépendante d'évaluation de la gestion des universités sur le plan de la gouvernance et de la formation. Le deuxième texte est relatif à la création d'une même commission qui sera, par contre, chargée de l'évaluation de la recherche, créneau pour lequel une enveloppe financière de un million de dollars a été consacrée pour une période de trois ans. Le but de ces deux commissions est de mettre fin aux pratiques bureaucratiques qui ont caractérisé, jusque-là, la gestion des universités. «Nous allons disposer d'un mécanisme d'évaluation qui sera le seul outil d'évaluation des compétences et du savoir-faire», a soutenu M. Rahmani qui insiste sur une large transparence dans la gestion du budget des formations à l'étranger.
Par ailleurs, le Cnes a également examiné, avec la tutelle, la situation de plusieurs enseignants universitaires qui font l'objet de harcèlement. Le ministre a promis, à ce propos, d'étudier au cas par cas les situations de licenciement.
Conseil national du CNES demain: Protestation à l'université
par Houari Barti
Le CNES (Conseil national des enseignants du supérieur) tiendra son conseil national ce lundi 1er juin.
Un conclave dont la principale question prévue à l'ordre du jour sera consacrée à l'évaluation de la dernière réunion que le syndicat a tenue avec le ministre de tutelle. Le conseil national du CNES aura également à déterminer la démarche à suivre après le mouvement de protestation de trois jours lancé hier.
C'est ce qu'a annoncé hier le coordonnateur national du CNES, M. Malik Rahmani, au premier jour d'un mouvement de protestation de trois jours. Un mouvement de protestation dont les premiers échos sont «favorables», selon M. Rahmani, contacté hier. «Jusqu'à l'heure actuelle (NDLR: 15h), nous avons reçu environ 15 rapports d'autant d'universités qui ont tenu leurs assemblées générales. Le reste des AG sera tenu demain dimanche», a-t-il indiqué. Commentant la dernière réunion que le Conseil national des enseignants du supérieur a tenue avec le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, M. Rahmani a estimé qu'il y avait «des points très positifs», à l'image du point relatif au régime indemnitaire qui vient de trouver un écho favorable. Toutefois, a-t-il précisé, «le problème des salaires ne peut être réduit à la seule question du régime indemnitaire, car le vrai problème réside en fait dans la faiblesse du pouvoir d'achat».
L'autre point positif énuméré par le coordinateur national du CNES est celui qui a trait aux 6.500 logements destinés aux enseignants dans le cadre du programme du président de la République. «Le ministre s'est engagé à régler le problème en signant des pré-affectations au profit des enseignants non logés, qu'il s'agisse de logements déjà achevés ou en cours d'achèvement», a-t-il affirmé. Toujours concernant cette question des logements, le syndicaliste dit avoir eu des garanties de la part du ministère pour résoudre le problème des logements de types F1 et F2 attribués à des enseignants, chefs de familles, notamment à Oran, qu'ils devront désormais restituer pour avoir des logements plus spacieux.
Mais le plus grand acquis, selon M. Rahmani, «une révolution pour l'université algérienne», pour les termes qu'il a utilisés, est celui qui prend en charge la question de la mauvaise gestion au sein de l'université. «On n'avait pas d'instrument pour évaluer la gestion au sein des établissements universitaires. Mais grâce aux deux projets de décrets qui vont être signés prochainement, il y aura deux commissions nationales indépendantes d'évaluation», a-t-il indiqué. Et d'expliquer: «la première commission sera chargée d'évaluer la qualité de la formation et la qualité de la gouvernance au sein de l'université. La seconde prendra en charge l'évaluation de la recherche scientifique.»
Pour M. Rahmani, l'enjeu est majeur car le secteur de l'enseignement supérieur a bénéficié d'une enveloppe de près d'un milliard de dollars pour les trois prochaines années. Avec une évaluation annuelle, il ne sera plus question qu'un recteur passe 15 ans à son poste s'il n'y a pas de résultats performants. En plus, a-t-il ajouté, la question de la gouvernance au sein de l'université induit naturellement un partenariat avec le représentant des travailleurs. Enfin, le coordonnateur national du CNES n'a pas omis d'évoquer le cas de l'enseignant de l'université de M'sila, M. Rouadjia Ahmed, récemment rétabli dans ses droits, mais surtout les cas similaires qui, a-t-il promis, seront tous «défendus mais au cas par cas».
Malgré la décision de la justice déclarant que la grève est illégale
Le Cnes se dit satisfait du taux de participation
Par :Nabila Afroun
Étant présent dans 35 établissements universitaires à l'échelle nationale, le Cnes a paralysé plusieurs facultés, instituts et écoles de l'enseignement supérieur en ce premier jour de grève.
Aucune activité pédagogique n'a eu lieu dans les établissements universitaires d'Alger, hier, au premier jour de la grève initiée par le Conseil national de l'enseignement supérieur (Cnes). Le planning des examens ainsi que celui des soutenances de fin de cycle a été perturbé. À Alger, Oran, Constantine..., le constat est le même, selon les représentants du Cnes : facultés, instituts et écoles de l'enseignement supérieur ont été complétement paralysés. À en croire le porte-parole du syndicat, M. Malik Rahmani, la grève a fait "un carton plein" et cela dans 34 établissements universitaires à l'échelle nationale. "Nous sommes satisfaits du taux de suivi du mouvement de protestation et ce n'est que le premier jour du débrayage", a-t-il déclaré.
Les enseignants universitaires se plaignent de leur condition socioprofessionnelle mais aussi de l'état de l'Université algérienne - qualifiée de "sinistrée" - qui croule sous le nombre des étudiants aux dépens de la qualité de l'enseignement et des programmes. "C'est un ultime SOS que nous lançons pour sauver l'Université algérienne. Nos revendications ne se limitent pas à la revalorisation salariale et à l'attribution de logements, mais aussi à la refonte de l'Université algérienne qui doit passer par sa démocratisation et par la réforme du programme qui doit répondre aux normes internationales et s'adapter à notre pays", a déclaré M. Bourayou, enseignant à l'Institut de psychologie de l'université de sciences humaines de Bouzaréah. Cependant, il a expliqué que malgré la décision de la justice, leur action de protestation évoluera en allant crescendo et en s'inscrivant dans la durée, quitte à aller vers un durcissement du mouvement, voire même un blocage de la prochaine rentrée universitaire. Pour rappel, le Cnes a transformé sa grève de 15 jours en 3 journées de protestation conformément à la décision du Conseil national et suite au verdict de la justice dont la notification parvenue jeudi dernier au syndicat décrétait l'illégalité de la grève projetée. "Nous sommes légalistes et nous respectons la décision de la justice. Aussi, nous avons décidé une autre action, à savoir observer des journées de protestation", a réitéré le porte-parole du Cnes. Il annonce qu'une session du Conseil national du Cnes se tiendra les 1er et 2 juin pour décider de la suite à donner à ce mouvement de protestation. Mais aussi pour examiner les résultats de la réunion tenue lundi dernier par les membres du syndicat avec le ministre de l'Enseignement supérieur, M. Rachid Harraoubia et qui a planché sur plusieurs dossiers (régime indemnitaire, logement, la bonne gouvernance, la démocratisation des universités et les libertés syndicales). Sauf que cette réunion n'a pas été sanctionnée par un PV paraphé par les deux antagonistes.
Le mouvement n'a pas été suivi dans l'Ouest
Par : A. Bousmaha/B. abdlmadjid
L'appel lancé par le Conseil des enseignants du supérieur (Cnes) pour les trois journées de protestation avec arrêt de travail à travers l'ensemble des universités du pays, n'a pas été suivi hier au niveau des facultés de l'université Djillali-Liabès de Sidi Bel-Abbès.
En effet, ce refus des enseignants du supérieur de Sidi Bel-Abbès a été constaté par nos soins, hier lors de notre virée à travers certaines facultés où les examens du système classique se déroulaient normalement, ainsi que le système LMD où les professeurs dispensaient des cours pour terminer le programme. Contacté par téléphone, M. Gharib Allah, coordinateur de la section du Cnes a déclaré qu'"effectivement le mot d'ordre pour les trois journées de protestation n'a pas été suivi, et ce, en raison des problèmes qu'avaient endurés les professeurs grévistes en 2006, notamment les effets des décisions de justice prononcées à l'encontre des syndicalistes et dont certains gardent les séquelles à ce jour". De son côté, M. Mechab, ex-coordinateur régional du Conseil supérieur des enseignants du supérieur (Cnes), estime que cette non-paralysie de l'université "est due à un malaise qui a affaibli le Cnes à tel point qu'il s'est scindé en deux tendances, suite à la décision de justice déclarant la grève illégale". À Tlemcen, les enseignants de l'université Aboubakr-Belkaïd ont assuré le déroulement normal des examens de fin de cycle au niveau de toutes les facultés.
Ayant pris connaissance de la décision rendue par la justice, les enseignants ont préféré assurer leur mission sans entraver les ultimes examens de fin d'année. Aucun mouvement de protestation ne semble s'être dessiné en ce début de semaine au niveau des amphithéâtres. Même chose à Oran.
Le débrayage n'a pas eu lieu à Béjaïa
Par :Rédaction de Liberte
Les cours et les examens se sont déroulés le plus normalement du monde, hier, à l'université de Béjaïa. Que ce soit à Targa Ouzemour ou au centre universitaire Aboudaou, l'appel à la grève de trois jours lancé par le Cnes de Rahmani, n'a pas été suivi. "Nous ne sommes pas concernés par cet appel à la protestation. C'est un non-événement", déclare à Liberté Kamel Aïssat, coordinateur de la section Cnes à Béjaïa. Et ce dernier d'ajouter : "Le règlement de la question organique au sein du Cnes est le seul moyen qui peut créer le rapport de force nécessaire à même de faire aboutir nos revendications liées notamment au régime indemnitaire des enseignants du supérieur et celle en rapport avec la démocratisation de l'université." Pour sa part, Malek Benslama, membre du bureau de la section du Cnes de Béjaïa affirme que le Cnes s'apprête à se réunir à Alger pour prendre des décisions qui s'imposent et définir les moyens de lutte opportuns à entreprendre.
Les enseignants de Tizi Ouzou en grève
Par :Rédaction de Liberte
Le mouvement de grève de trois jours, enclenché hier par le Conseil national des enseignants du supérieur (Cnes), a été suivi par les enseignants de l'université Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou. Hier, les amphis ont été désertés par les enseignants. Contacté par nos soins, le coordinateur national du Cnes a parlé de chiffres satisfaisants en termes de suivi de la protestation par la communauté universitaire. Les enseignants tiendront leur assemblée générale aujourd'hui, selon les termes de M. Rahmani, pour qui la grève appartient désormais aux adhérents du Cnes.
à l'USTHB de Bab Ezzouar, les examens se déroulent normalement
Les enseignants ne sont pas en grève
Par Karima Mokrani
Les enseignants de l'Université des sciences et des technologies Houari Boumediène (USTHB) ne sont pas en grève. Ils n'ont pas répondu à l'appel lancé par le CNES (Conseil national des enseignants du supérieur) qui porte sur trois jours de débrayage à partir d'hier samedi. Une ambiance tout à fait ordinaire en ces jours de fin d'année régnait donc dans cet important établissement universitaire, très souvent perturbé par des grèves cycliques qui n'en finissaient pas. Les examens se déroulent normalement. Ils ont commencé le 27 mai et dureront jusqu'au 11 juin. Toutes les facultés de l'université se mettent dans l'ambiance. Les étudiants aussi bien que les enseignants sont au rendez-vous. Chose qui semble arranger l'administration, laquelle ne cache pas sa satisfaction de voir le campus épargné par la nouvelle vague de protestations. «L'USTHB n'est pas concernée par la grève. Notre section syndicale est dissidente du CNES qui a appelé au mouvement...» affirme, non sans un certain soulagement, M. Boutella Amar, conseiller du recteur, chargé des associations et de la pédagogie. «On entend parler de grève mais il n'y a rien pour le moment», indique un des agents de sécurité. Les étudiants, présents en grand nombre dans le campus, affirment de leur côté que les examens se déroulent normalement : «Les examens sont maintenus. Nous n'avons entendu parler ni d'annulation ni de report.».
L'université de Bab Ezzouar n'est pas concernée par le mouvement de grève annoncé par le CNES. C'était prévisible. Et pour cause ! C'est le CNES, aile Rahmani, qui en est l'initiateur. Pas celle de Cherbal. Celle-ci est fortement présente à l'USTHB. Et comme l'a mentionné le représentant de l'administration de l'université, le CNES de Bab Ezzouar est une aile dissidente du CNES, actuellement dirigée par Rahmani. D'ailleurs, jusqu'à il y a encore quelques mois, toutes les deux activaient dans deux coordinations différentes, l'Intersyndicale autonome de la fonction publique (IAFP) pour la première et la Coordination des syndicats autonomes de la fonction publique (CSAFP) pour la seconde. Les deux parties expriment les mêmes revendications socioprofessionnelles mais n'agissent pas de la même façon. Chacune a ses convictions, son plan d'action. Ce qui est à l'origine de la scission du syndicat, vieux de plus de 30 ans.
Trois jours de protestation des universitaires
Une grève très peu suivie
Le mot d'ordre donné par le Conseil national des enseignants universitaires (CNES) pour un arrêt de travail de trois jours semble ne pas trouver d'écho auprès des enseignants.
En effet, la première journée de cette protestation a connu une adhésion mitigée. Sur le terrain, le suivi de la protestation a été quasiment nul. Selon des informations recueillies, les activités de la majeure partie des facultés, Alger, Oran ou Béjaïa, n'ont été nullement perturbées par l'appel au débrayage. A l'université des sciences et de technologie Houari-Boumédiene (USTHB), l'adhésion au mot d'ordre de grève a été insignifiante. A part quelques affiches annonçant l'arrêt de travail, le débrayage n'a eu aucune incidence sur ses activités. «Si nous n'avons pas adhéré à ce mouvement, c'est parce que ces mêmes syndicalistes qui appellent aujourd'hui à cette grève n'ont pas été solidaires avec nous lors de notre mouvement de débrayage de 2006», affirme un enseignant de cette université. Du côté des étudiants, ils ont poussé un ouf de soulagement quant à l'«avortement» du mouvement de contestation.
«Heureusement que la grève n'a pas eu lieu. Si elle est maintenue, j'irai directement aux rattrapages», affirme Amer, étudiant en géologie. Pour certains, le spectre des examens annulés est bien loin même si la grève s'installe dans la durée. Et pour cause, de nombreuses spécialités ne sont pas concernées par la menace de grève. Idem pour la faculté des sciences humaines et sociales de Bouzeréah. A part toujours quelques affiches collées sur les murs, la protestation est passée inaperçue. Quoique la plupart des étudiants ont terminé leurs examens de fin d'année, les soutenances de fin de cycle ont été assurées par les enseignants. Ces derniers délibèrent normalement sur les notes des étudiants. A la faculté des sciences politiques et de la communication, la grève n'a pas changé le cours des choses. Il est utile de rappeler que le Cnes a lancé le 23 février un préavis de grève de 15 jours à partir du 30 mai. Ensuite, le syndicat a pris acte de la décision de justice faisant état de l'illégalité de la grève en annulant la grève et à opté pour trois jours de protestation. Mais celle-ci n'a pas eu lieu. Que se passe-t-il ? La tutelle a-t-elle répondu favorablement aux revendications des enseignants ? Ou bien s'agit-il d'une question de capacité à mobiliser les troupes ? On ne sait pas. En tout cas, une session du Conseil national des enseignants se tiendra demain pour clarifier les choses et décider de la suite à donner à ce mouvement de protestation, mais aussi pour examiner les résultats de la réunion tenue lundi dernier par les membres du Cnes avec le ministre de l'Enseignement supérieur, Rachid Harraoubia qui a planché sur plusieurs dossiers (régime indemnitaire, logement, la bonne gouvernance, la démocratisation des universités et les libertés syndicales). Une réunion jugée «positive» par le coordinateur national du Cnes, Malek Rahmani, et qui a été ponctuée de beaucoup d'avancées. Enfin, il convient de signaler que nos multiples tentatives de nous entretenir et d'obtenir de M. Rahmani le taux de suivi de la protestation en cette première journée sont restées vaines.
LES DERNIÈRES PROMESSES DE HARRAOUBIA ONT EU DE L'ÉCHO
Le CNES opterait pour le wait and see
Tout plaide pour que le CNES tempère son élan protestataire et mette entre parenthèses son mouvement de débrayage. La réunion de son conseil national prévue pour demain entérinerait, à n'en pas douter, cette perspective. Une option de répit devant avoir l'aval de la base, qui met à profit les trois jours de débrayage (hier, aujourd'hui et demain) pour tenir des assemblées générales à travers l'ensemble des établissements universitaires du pays.
Il faut dire que la dernière entrevue du syndicat avec le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique est pour beaucoup dans ce probable changement de cap. Les promesses faites par le premier responsable de la tutelle, liées notamment à la mise sur pied d'organismes de contrôle de gestion, de formation et de recherche, n'ont pas laissé insensible la délégation du CNES.
Et pour preuve, le syndicat a, devant le «poids» des propositions émises, vite fait de «répliquer» par un signe de disponibilité en transformant sa grève de 15 jours en un débrayage de seulement trois journées. Ces propositions sont qualifiées par Malik Rahmani, coordinateur national du CNES, de révolutionnaires, car la bonne gouvernance, la bonne gestion empreinte de transparence ont constitué, selon lui, leur cheval de bataille.
Cependant, notre interlocuteur, qui affirme se soumettre à l'avis de l'ensemble de ses collègues, dira attendre la tutelle sur le terrain. Autrement dit, la concrétisation de ces décisions qui permettront pour la première fois de son histoire à l'université algérienne de naviguer avec des objectifs précis, rompant ainsi avec le système de navigation à vue, expliquera-t-il.
Celui-ci, pour mieux étayer sa pensée, ajoutera qu'il ne sera plus permis à un recteur de quitter son poste sans que son bilan ne soit épluché par un audit. M. Rahmani fera part de la tenue de deux réunions prévues cet été avec la tutelle pour la mise en pratique de ces outils à même de rectifier la trajectoire à chaque fois que la nécessité le dicte.
Pour revenir au débrayage de trois jours enclenché hier et devant prendre fin demain, le coordinateur national du CNES affirme ne pouvoir donner une quelconque appréciation de son impact du fait, dira-t-il, que l'on est en pleine période d'examens de fin d'année. Pour bien des établissements universitaires, l'on vient même d'achever la série des ultimes EMD (Epreuves de Moyenne Durée).
Le Soir d'Algerie
Actualités : LE COORDINATEUR DU CNES AFFIRME :«L'UGTA a perdu une bataille»
«L'UGTA a perdu une bataille. Nous avons finalement réussi à faire changer d'avis au gouvernement sur la question du régime indemnitaire que Sidi-Saïd voulait négocier dans le cadre de la tripartite.» C'est ce que nous a déclaré hier le coordinateur du Conseil national des enseignants du supérieur (Cnes), qui revient sur les raisons qui ont poussé le Cnes à maintenir une protestation de trois jours, malgré les acquis arrachés lors de la rencontre de lundi dernier avec le ministre de l'Enseignement supérieur.
Rosa Mansouri - Alger (Le Soir) - «La décision de justice qui a déclaré illégale notre grève de 15 jours nous a été notifiée jeudi et nous avons pris nos précautions dans ce sens, en prévoyant un arrêt de travail de trois jours», explique M. Rahmani et d'ajouter que cette protestation est un signe de refus de la décision de justice qui, à chaque fois, se prononce sur l'illégalité des grèves menées par les syndicats autonomes et aussi une halte pour évaluer, à travers les universités, les promesses faites par la tutelle. Le premier acquis arraché effectivement reste celui de l'instruction du Premier ministre qui consiste à autoriser les départements qui ont finalisé les statuts particuliers de procéder à la finalisation des régimes indemnitaires. «Nous avons programmé des réunions avec les responsables du ministère à partir de la semaine prochaine pour finaliser le projet sur le régime indemnitaire. Nous n'allons pas tarder à le déposer au bureau du Premier ministre», a fait savoir notre interlocuteur.
Sur le plan social, le Cnes a exigé du ministre Harraoubia des pré-affectations des 6 500 logements destinés à l'enseignement supérieur dans le cadre du programme quinquennal du président de la République. «Nous souhaitons connaître la liste des bénéficiaires et s'assurer que ces logements n'iront pas à des destinations inconnues », fait-il remarquer. Il a insisté également sur une meilleure prise en charge des enseignants qui logent dans des F1 et F2. Le Cnes a suggéré, dans ce sens, à ce que ces enseignants restituent les logements qu'ils occupent pour bénéficier d'autres plus spacieux.
Concernant, par ailleurs, la gouvernance au sein des universités, le Cnes estime avoir arraché un acquis considérable, puisque deux décrets exécutifs seront prochainement promulgués. Le premier porte sur la création d'une commission nationale indépendante d'évaluation de la gestion des universités sur le plan de la gouvernance et de la formation. Le deuxième texte est relatif à la création d'une même commission qui sera, par contre, chargée de l'évaluation de la recherche, créneau pour lequel une enveloppe financière de un million de dollars a été consacrée pour une période de trois ans. Le but de ces deux commissions est de mettre fin aux pratiques bureaucratiques qui ont caractérisé, jusque-là, la gestion des universités. «Nous allons disposer d'un mécanisme d'évaluation qui sera le seul outil d'évaluation des compétences et du savoir-faire», a soutenu M. Rahmani qui insiste sur une large transparence dans la gestion du budget des formations à l'étranger.
Par ailleurs, le Cnes a également examiné, avec la tutelle, la situation de plusieurs enseignants universitaires qui font l'objet de harcèlement. Le ministre a promis, à ce propos, d'étudier au cas par cas les situations de licenciement.
R. M.
====================================
====================================
Le quotidien d'Oran
Conseil national du CNES demain: Protestation à l'université
par Houari Barti
Le CNES (Conseil national des enseignants du supérieur) tiendra son conseil national ce lundi 1er juin.
Un conclave dont la principale question prévue à l'ordre du jour sera consacrée à l'évaluation de la dernière réunion que le syndicat a tenue avec le ministre de tutelle. Le conseil national du CNES aura également à déterminer la démarche à suivre après le mouvement de protestation de trois jours lancé hier.
C'est ce qu'a annoncé hier le coordonnateur national du CNES, M. Malik Rahmani, au premier jour d'un mouvement de protestation de trois jours. Un mouvement de protestation dont les premiers échos sont «favorables», selon M. Rahmani, contacté hier. «Jusqu'à l'heure actuelle (NDLR: 15h), nous avons reçu environ 15 rapports d'autant d'universités qui ont tenu leurs assemblées générales. Le reste des AG sera tenu demain dimanche», a-t-il indiqué. Commentant la dernière réunion que le Conseil national des enseignants du supérieur a tenue avec le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, M. Rahmani a estimé qu'il y avait «des points très positifs», à l'image du point relatif au régime indemnitaire qui vient de trouver un écho favorable. Toutefois, a-t-il précisé, «le problème des salaires ne peut être réduit à la seule question du régime indemnitaire, car le vrai problème réside en fait dans la faiblesse du pouvoir d'achat».
L'autre point positif énuméré par le coordinateur national du CNES est celui qui a trait aux 6.500 logements destinés aux enseignants dans le cadre du programme du président de la République. «Le ministre s'est engagé à régler le problème en signant des pré-affectations au profit des enseignants non logés, qu'il s'agisse de logements déjà achevés ou en cours d'achèvement», a-t-il affirmé. Toujours concernant cette question des logements, le syndicaliste dit avoir eu des garanties de la part du ministère pour résoudre le problème des logements de types F1 et F2 attribués à des enseignants, chefs de familles, notamment à Oran, qu'ils devront désormais restituer pour avoir des logements plus spacieux.
Mais le plus grand acquis, selon M. Rahmani, «une révolution pour l'université algérienne», pour les termes qu'il a utilisés, est celui qui prend en charge la question de la mauvaise gestion au sein de l'université. «On n'avait pas d'instrument pour évaluer la gestion au sein des établissements universitaires. Mais grâce aux deux projets de décrets qui vont être signés prochainement, il y aura deux commissions nationales indépendantes d'évaluation», a-t-il indiqué. Et d'expliquer: «la première commission sera chargée d'évaluer la qualité de la formation et la qualité de la gouvernance au sein de l'université. La seconde prendra en charge l'évaluation de la recherche scientifique.»
Pour M. Rahmani, l'enjeu est majeur car le secteur de l'enseignement supérieur a bénéficié d'une enveloppe de près d'un milliard de dollars pour les trois prochaines années. Avec une évaluation annuelle, il ne sera plus question qu'un recteur passe 15 ans à son poste s'il n'y a pas de résultats performants. En plus, a-t-il ajouté, la question de la gouvernance au sein de l'université induit naturellement un partenariat avec le représentant des travailleurs. Enfin, le coordonnateur national du CNES n'a pas omis d'évoquer le cas de l'enseignant de l'université de M'sila, M. Rouadjia Ahmed, récemment rétabli dans ses droits, mais surtout les cas similaires qui, a-t-il promis, seront tous «défendus mais au cas par cas».
======================
Liberté
Malgré la décision de la justice déclarant que la grève est illégale
Le Cnes se dit satisfait du taux de participation
Par :Nabila Afroun
Étant présent dans 35 établissements universitaires à l'échelle nationale, le Cnes a paralysé plusieurs facultés, instituts et écoles de l'enseignement supérieur en ce premier jour de grève.
Aucune activité pédagogique n'a eu lieu dans les établissements universitaires d'Alger, hier, au premier jour de la grève initiée par le Conseil national de l'enseignement supérieur (Cnes). Le planning des examens ainsi que celui des soutenances de fin de cycle a été perturbé. À Alger, Oran, Constantine..., le constat est le même, selon les représentants du Cnes : facultés, instituts et écoles de l'enseignement supérieur ont été complétement paralysés. À en croire le porte-parole du syndicat, M. Malik Rahmani, la grève a fait "un carton plein" et cela dans 34 établissements universitaires à l'échelle nationale. "Nous sommes satisfaits du taux de suivi du mouvement de protestation et ce n'est que le premier jour du débrayage", a-t-il déclaré.
Les enseignants universitaires se plaignent de leur condition socioprofessionnelle mais aussi de l'état de l'Université algérienne - qualifiée de "sinistrée" - qui croule sous le nombre des étudiants aux dépens de la qualité de l'enseignement et des programmes. "C'est un ultime SOS que nous lançons pour sauver l'Université algérienne. Nos revendications ne se limitent pas à la revalorisation salariale et à l'attribution de logements, mais aussi à la refonte de l'Université algérienne qui doit passer par sa démocratisation et par la réforme du programme qui doit répondre aux normes internationales et s'adapter à notre pays", a déclaré M. Bourayou, enseignant à l'Institut de psychologie de l'université de sciences humaines de Bouzaréah. Cependant, il a expliqué que malgré la décision de la justice, leur action de protestation évoluera en allant crescendo et en s'inscrivant dans la durée, quitte à aller vers un durcissement du mouvement, voire même un blocage de la prochaine rentrée universitaire. Pour rappel, le Cnes a transformé sa grève de 15 jours en 3 journées de protestation conformément à la décision du Conseil national et suite au verdict de la justice dont la notification parvenue jeudi dernier au syndicat décrétait l'illégalité de la grève projetée. "Nous sommes légalistes et nous respectons la décision de la justice. Aussi, nous avons décidé une autre action, à savoir observer des journées de protestation", a réitéré le porte-parole du Cnes. Il annonce qu'une session du Conseil national du Cnes se tiendra les 1er et 2 juin pour décider de la suite à donner à ce mouvement de protestation. Mais aussi pour examiner les résultats de la réunion tenue lundi dernier par les membres du syndicat avec le ministre de l'Enseignement supérieur, M. Rachid Harraoubia et qui a planché sur plusieurs dossiers (régime indemnitaire, logement, la bonne gouvernance, la démocratisation des universités et les libertés syndicales). Sauf que cette réunion n'a pas été sanctionnée par un PV paraphé par les deux antagonistes.
Le mouvement n'a pas été suivi dans l'Ouest
Par : A. Bousmaha/B. abdlmadjid
L'appel lancé par le Conseil des enseignants du supérieur (Cnes) pour les trois journées de protestation avec arrêt de travail à travers l'ensemble des universités du pays, n'a pas été suivi hier au niveau des facultés de l'université Djillali-Liabès de Sidi Bel-Abbès.
En effet, ce refus des enseignants du supérieur de Sidi Bel-Abbès a été constaté par nos soins, hier lors de notre virée à travers certaines facultés où les examens du système classique se déroulaient normalement, ainsi que le système LMD où les professeurs dispensaient des cours pour terminer le programme. Contacté par téléphone, M. Gharib Allah, coordinateur de la section du Cnes a déclaré qu'"effectivement le mot d'ordre pour les trois journées de protestation n'a pas été suivi, et ce, en raison des problèmes qu'avaient endurés les professeurs grévistes en 2006, notamment les effets des décisions de justice prononcées à l'encontre des syndicalistes et dont certains gardent les séquelles à ce jour". De son côté, M. Mechab, ex-coordinateur régional du Conseil supérieur des enseignants du supérieur (Cnes), estime que cette non-paralysie de l'université "est due à un malaise qui a affaibli le Cnes à tel point qu'il s'est scindé en deux tendances, suite à la décision de justice déclarant la grève illégale". À Tlemcen, les enseignants de l'université Aboubakr-Belkaïd ont assuré le déroulement normal des examens de fin de cycle au niveau de toutes les facultés.
Ayant pris connaissance de la décision rendue par la justice, les enseignants ont préféré assurer leur mission sans entraver les ultimes examens de fin d'année. Aucun mouvement de protestation ne semble s'être dessiné en ce début de semaine au niveau des amphithéâtres. Même chose à Oran.
Le débrayage n'a pas eu lieu à Béjaïa
Par :Rédaction de Liberte
Les cours et les examens se sont déroulés le plus normalement du monde, hier, à l'université de Béjaïa. Que ce soit à Targa Ouzemour ou au centre universitaire Aboudaou, l'appel à la grève de trois jours lancé par le Cnes de Rahmani, n'a pas été suivi. "Nous ne sommes pas concernés par cet appel à la protestation. C'est un non-événement", déclare à Liberté Kamel Aïssat, coordinateur de la section Cnes à Béjaïa. Et ce dernier d'ajouter : "Le règlement de la question organique au sein du Cnes est le seul moyen qui peut créer le rapport de force nécessaire à même de faire aboutir nos revendications liées notamment au régime indemnitaire des enseignants du supérieur et celle en rapport avec la démocratisation de l'université." Pour sa part, Malek Benslama, membre du bureau de la section du Cnes de Béjaïa affirme que le Cnes s'apprête à se réunir à Alger pour prendre des décisions qui s'imposent et définir les moyens de lutte opportuns à entreprendre.
Les enseignants de Tizi Ouzou en grève
Par :Rédaction de Liberte
Le mouvement de grève de trois jours, enclenché hier par le Conseil national des enseignants du supérieur (Cnes), a été suivi par les enseignants de l'université Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou. Hier, les amphis ont été désertés par les enseignants. Contacté par nos soins, le coordinateur national du Cnes a parlé de chiffres satisfaisants en termes de suivi de la protestation par la communauté universitaire. Les enseignants tiendront leur assemblée générale aujourd'hui, selon les termes de M. Rahmani, pour qui la grève appartient désormais aux adhérents du Cnes.
==========================
La tribune
à l'USTHB de Bab Ezzouar, les examens se déroulent normalement
Les enseignants ne sont pas en grève
Par Karima Mokrani
Les enseignants de l'Université des sciences et des technologies Houari Boumediène (USTHB) ne sont pas en grève. Ils n'ont pas répondu à l'appel lancé par le CNES (Conseil national des enseignants du supérieur) qui porte sur trois jours de débrayage à partir d'hier samedi. Une ambiance tout à fait ordinaire en ces jours de fin d'année régnait donc dans cet important établissement universitaire, très souvent perturbé par des grèves cycliques qui n'en finissaient pas. Les examens se déroulent normalement. Ils ont commencé le 27 mai et dureront jusqu'au 11 juin. Toutes les facultés de l'université se mettent dans l'ambiance. Les étudiants aussi bien que les enseignants sont au rendez-vous. Chose qui semble arranger l'administration, laquelle ne cache pas sa satisfaction de voir le campus épargné par la nouvelle vague de protestations. «L'USTHB n'est pas concernée par la grève. Notre section syndicale est dissidente du CNES qui a appelé au mouvement...» affirme, non sans un certain soulagement, M. Boutella Amar, conseiller du recteur, chargé des associations et de la pédagogie. «On entend parler de grève mais il n'y a rien pour le moment», indique un des agents de sécurité. Les étudiants, présents en grand nombre dans le campus, affirment de leur côté que les examens se déroulent normalement : «Les examens sont maintenus. Nous n'avons entendu parler ni d'annulation ni de report.».
L'université de Bab Ezzouar n'est pas concernée par le mouvement de grève annoncé par le CNES. C'était prévisible. Et pour cause ! C'est le CNES, aile Rahmani, qui en est l'initiateur. Pas celle de Cherbal. Celle-ci est fortement présente à l'USTHB. Et comme l'a mentionné le représentant de l'administration de l'université, le CNES de Bab Ezzouar est une aile dissidente du CNES, actuellement dirigée par Rahmani. D'ailleurs, jusqu'à il y a encore quelques mois, toutes les deux activaient dans deux coordinations différentes, l'Intersyndicale autonome de la fonction publique (IAFP) pour la première et la Coordination des syndicats autonomes de la fonction publique (CSAFP) pour la seconde. Les deux parties expriment les mêmes revendications socioprofessionnelles mais n'agissent pas de la même façon. Chacune a ses convictions, son plan d'action. Ce qui est à l'origine de la scission du syndicat, vieux de plus de 30 ans.
K. M.
===========================
Le jour d'Algérie
Trois jours de protestation des universitaires
Une grève très peu suivie
Le mot d'ordre donné par le Conseil national des enseignants universitaires (CNES) pour un arrêt de travail de trois jours semble ne pas trouver d'écho auprès des enseignants.
En effet, la première journée de cette protestation a connu une adhésion mitigée. Sur le terrain, le suivi de la protestation a été quasiment nul. Selon des informations recueillies, les activités de la majeure partie des facultés, Alger, Oran ou Béjaïa, n'ont été nullement perturbées par l'appel au débrayage. A l'université des sciences et de technologie Houari-Boumédiene (USTHB), l'adhésion au mot d'ordre de grève a été insignifiante. A part quelques affiches annonçant l'arrêt de travail, le débrayage n'a eu aucune incidence sur ses activités. «Si nous n'avons pas adhéré à ce mouvement, c'est parce que ces mêmes syndicalistes qui appellent aujourd'hui à cette grève n'ont pas été solidaires avec nous lors de notre mouvement de débrayage de 2006», affirme un enseignant de cette université. Du côté des étudiants, ils ont poussé un ouf de soulagement quant à l'«avortement» du mouvement de contestation.
«Heureusement que la grève n'a pas eu lieu. Si elle est maintenue, j'irai directement aux rattrapages», affirme Amer, étudiant en géologie. Pour certains, le spectre des examens annulés est bien loin même si la grève s'installe dans la durée. Et pour cause, de nombreuses spécialités ne sont pas concernées par la menace de grève. Idem pour la faculté des sciences humaines et sociales de Bouzeréah. A part toujours quelques affiches collées sur les murs, la protestation est passée inaperçue. Quoique la plupart des étudiants ont terminé leurs examens de fin d'année, les soutenances de fin de cycle ont été assurées par les enseignants. Ces derniers délibèrent normalement sur les notes des étudiants. A la faculté des sciences politiques et de la communication, la grève n'a pas changé le cours des choses. Il est utile de rappeler que le Cnes a lancé le 23 février un préavis de grève de 15 jours à partir du 30 mai. Ensuite, le syndicat a pris acte de la décision de justice faisant état de l'illégalité de la grève en annulant la grève et à opté pour trois jours de protestation. Mais celle-ci n'a pas eu lieu. Que se passe-t-il ? La tutelle a-t-elle répondu favorablement aux revendications des enseignants ? Ou bien s'agit-il d'une question de capacité à mobiliser les troupes ? On ne sait pas. En tout cas, une session du Conseil national des enseignants se tiendra demain pour clarifier les choses et décider de la suite à donner à ce mouvement de protestation, mais aussi pour examiner les résultats de la réunion tenue lundi dernier par les membres du Cnes avec le ministre de l'Enseignement supérieur, Rachid Harraoubia qui a planché sur plusieurs dossiers (régime indemnitaire, logement, la bonne gouvernance, la démocratisation des universités et les libertés syndicales). Une réunion jugée «positive» par le coordinateur national du Cnes, Malek Rahmani, et qui a été ponctuée de beaucoup d'avancées. Enfin, il convient de signaler que nos multiples tentatives de nous entretenir et d'obtenir de M. Rahmani le taux de suivi de la protestation en cette première journée sont restées vaines.
Par Hocine Larabi
==============================
==============================
Le temps
LES DERNIÈRES PROMESSES DE HARRAOUBIA ONT EU DE L'ÉCHO
Le CNES opterait pour le wait and see
Tout plaide pour que le CNES tempère son élan protestataire et mette entre parenthèses son mouvement de débrayage. La réunion de son conseil national prévue pour demain entérinerait, à n'en pas douter, cette perspective. Une option de répit devant avoir l'aval de la base, qui met à profit les trois jours de débrayage (hier, aujourd'hui et demain) pour tenir des assemblées générales à travers l'ensemble des établissements universitaires du pays.
Il faut dire que la dernière entrevue du syndicat avec le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique est pour beaucoup dans ce probable changement de cap. Les promesses faites par le premier responsable de la tutelle, liées notamment à la mise sur pied d'organismes de contrôle de gestion, de formation et de recherche, n'ont pas laissé insensible la délégation du CNES.
Et pour preuve, le syndicat a, devant le «poids» des propositions émises, vite fait de «répliquer» par un signe de disponibilité en transformant sa grève de 15 jours en un débrayage de seulement trois journées. Ces propositions sont qualifiées par Malik Rahmani, coordinateur national du CNES, de révolutionnaires, car la bonne gouvernance, la bonne gestion empreinte de transparence ont constitué, selon lui, leur cheval de bataille.
Cependant, notre interlocuteur, qui affirme se soumettre à l'avis de l'ensemble de ses collègues, dira attendre la tutelle sur le terrain. Autrement dit, la concrétisation de ces décisions qui permettront pour la première fois de son histoire à l'université algérienne de naviguer avec des objectifs précis, rompant ainsi avec le système de navigation à vue, expliquera-t-il.
Celui-ci, pour mieux étayer sa pensée, ajoutera qu'il ne sera plus permis à un recteur de quitter son poste sans que son bilan ne soit épluché par un audit. M. Rahmani fera part de la tenue de deux réunions prévues cet été avec la tutelle pour la mise en pratique de ces outils à même de rectifier la trajectoire à chaque fois que la nécessité le dicte.
Pour revenir au débrayage de trois jours enclenché hier et devant prendre fin demain, le coordinateur national du CNES affirme ne pouvoir donner une quelconque appréciation de son impact du fait, dira-t-il, que l'on est en pleine période d'examens de fin d'année. Pour bien des établissements universitaires, l'on vient même d'achever la série des ultimes EMD (Epreuves de Moyenne Durée).
M. K.
=========================
=========================
Ennahar
????????????????