Presse du 20 mai 2009

Revue de presse du 20/05/2009

Liberté
Le CNES annonce une grève pour le 30 mai
Menace sur les examens universitaires
Par :Nabila Afroun
Cet ultimatum lancé par le Cnes coïncide avec l'annonce de la revalorisation du salaire minimum garanti, faite hier par le Premier ministre au niveau de l'APN.
Alors que le spectre d'une année blanche a été écarté pour les étudiants des sciences médicales, c'est au tour de l'ensemble des enseignants universitaires de brandir la menace du débrayage et du blocage des examens à quelques jours de la fin de l'année. Le conseil national de l'enseignement supérieur (Cnes) vient de jouer ces dernières cartes en menaçant de boycotter toutes les activités pédagogiques et scientifiques dans plusieurs universités du pays et cela à partir du 30 mai. Cette déclaration a été annoncée par M. Malik Rahmani, porte-parole du Cnes lors d'une conférence de presse qui s'est tenue hier au niveau de l'université des sciences humaines de Bouzaréah-Alger. "Notre syndicat s'est abstenu de recourir à la grève favorisant ainsi le dialogue avec le ministère de l'enseignement supérieur, mais il s'avère que c'est sans issue", a déclaré le porte-parole du syndicat, qui a exprimé également sa colère quant à la situation qui prévaut au sein de l'université algérienne. "Le bilan est catastrophique. Nous nous sommes rendu compte aujourd'hui que rien n'a été fait et que tout le temps passé à vouloir travailler en commissions avec le ministère a été perdu pour n'aboutir à aucun résultat concluant", a-t-il dit. M. Rahmani a rappelé, à la même occasion, les promesses non respectées de la tutelle et l'absence de volonté des pouvoirs publics à construire un partenariat pour la prise en charge effective des revendications des enseignants. "Depuis la promulgation du statut particulier de l'enseignant-chercheur en avril 2008, les promesses faites, dans le cadre des travaux de la commission mixte MESRS-Cnes sur le régime indemnitaire, sont restées lettres mortes, dénotant ainsi le mépris absolu des pouvoirs publics vis-à-vis de l'enseignant", a-t-il souligné. En effet, mis à part l'élaboration du régime indemnitaire des enseignants-chercheurs - dont le statut particulier a été adopté depuis une année et demie -, le Cnes demande à sa tutelle de s'investir réellement dans la prise en charge des revendications socioprofessionnelles de cette catégorie de fonctionnaires. À travers cette action radicale, les universitaires lancent un ultimatum aux autorités publiques pour se pencher sur les préoccupations exprimées par le syndicat, menaçant ainsi de bloquer tous les examens de fin d'année ; synthèse, rattrapage, voire même la prochaine rentrée universitaire. M. Rahmani, s'est interrogé par ailleurs sur les raisons du mutisme de la tutelle et du gouvernement concernant la situation préoccupante de l'université, tout en dénonçant la démarche imposant aux enseignants-chercheurs d'attendre la promulgation de l'ensemble des statuts particuliers pour débloquer leur régime indemnitaire. Il faut noter que la radicalisation du mouvement du Cnes coïncide avec la déclaration du Premier ministre, Ahmed Ouyahia, de revalorisation du salaire minimum garanti, "qui viendra accompagner la mise en place des différents régimes indemnitaires de la Fonction publique (...)", annoncée hier au niveau de l'assemblée populaire nationale.
El watan
Grève de 15 jours à partir du 30 mai dans les facultés
Les enseignants au chevet de l'université
Luniversité algérienne est au bord de la faillite et les enseignants veulent le faire savoir en observant une grève de 15 jours, à partir du 30 mai. Le Conseil national des enseignants du supérieur (CNES) a tenu hier une conférence de presse afin d'expliquer la décision de débrayage, qui est autant motivée par la situation socioprofessionnelle des enseignants que par celle de l'université.
« L'université algérienne d'aujourd'hui est une université où l'on tue des enseignants, où l'on poignarde des étudiants et où l'on marchande des notes », estime le secrétaire général du CNES, Abdelmalek Rahmani. Ce
dernier qualifie la situation dans les universités de « tableau noir que les enseignants ne peuvent cautionner ». Et d'enchaîner : « Comment cautionner une université qui jette ses enseignants en prison pour un délit d'opinion ? » Le responsable syndical citera l'exemple du professeur Kouache qui, après une altercation avec l'adjoint du recteur de Khenchela, a écopé d'une peine de six mois de prison et a vu son salaire bloqué. « Aujourd'hui, il enseigne les mathématiques en Arabie Saoudite », note M. Rahmani.
Ce dernier évoque également le cas de Rouaidjia Ahmed, de l'université de M'sila, qui a vu son salaire suspendu depuis 12 mois après la publication d'un article sur le journal El Watan. Poursuivant son constat sur le marasme que vit l'université algérienne, le secrétaire général du Cnes évoquera avec tristesse la célébration de la Journée de l'étudiant, qui a coïncidé à la faculté de Bouzaréah avec l'installation d'un show-room exhibant des véhicules.
Un show-room exorbitant des véhicules à la faculté de Bouzaréah
« C'est dégradant et lamentable que de constater un tel spectacle dans la franchise universitaire. Ceci reflète malheureusement l'état actuel du pôle universitaire censé dispenser le savoir et la connaissance », regrette M. Rahmani. Le même responsable syndical estime qu'« il n'existe pas de volonté politique pour faire de l'université un lieu de savoir ». Et d'ajouter pour appuyer la décision de la grève : « On ne peut pas nous accuser de ne pas avoir dialogué. Nous avons interpellé la tutelle qui a préféré ne pas réagir. » Abdelmalik Rahmani, qui établit un constat déplorable sur le secteur de la recherche en Algérie, estime qu'il n'existe pas de « volonté de faire participer l'université à l'effort national de développement ».
Et d'indiquer que « l'enseignant universitaire et le chercheur aspirent à ce que l'université soit réellement un centre de rayonnement, mais cela ne saurait se produire avec des recteurs qui occupent leur poste depuis 15, voire 20 ans. On ne veut plus de cela, nous demandons une vraie démocratisation », a-t-il souligné. Au chapitre de la situation socioprofessionnelle des enseignants, le même responsable se demande « ce que devient le régime indemnitaire alors que le statut particulier a été promulgué il y a 14 mois ». « Ce n'est pas sérieux de renvoyer le débat sur ce régime à la tripartite et mettre l'enseignant au même niveau qu'un agent administratif », a-t-il ajouté. Interrogé sur le choix de la fin du mois de mai pour aborder le débrayage, M. Rahmani précise que l'impact de leur mouvement sera plus fort en raison justement de la période des examens. « Nous voulons nous faire écouter. Nous ne voulons plus de promesses, mais d'une réelle volonté politique », a-t-il tenu à dire.
Dans un communiqué rendu public hier, la section CNES de l'université des sciences et technologies d'Oran appuie la décision de débrayage du 30 mai prochain et demande le départ du recteur par intérim de l'école d'architecture et de génie civil, et ce, pour « sa gestion arbitraire et autoritaire ». La même section syndicale accuse le recteur d'une série d'atteintes aux enseignants, notamment « le refus de coopérer avec les représentants syndicaux, l'application de ponctions sur salaire non justifiées, la révocation d'enseignants sans en référer à la commission paritaire... »-
Par Nadjia Bouaricha
Le jeune indépendant
Conseil national des enseignants du supérieur
La grève du 30 mai maintenue
Les membres du Conseil national des enseignants du supérieur (CNES) ont maintenu le mot d'ordre de grève de 15 jours renouvelables, à partir du 30 mai décidée lors de la session ordinaire des 13 et 14 mai à Alger.
En effet, les membres du CNES ont organisé hier une conférence de presse à la faculté des sciences humaines de Bouzeréah afin de confirmer les décisions prises lors de la session ordinaire tenue le week-end dernier à Alger. Les membres du CNES ont saisi l'occasion pour interpeller les pouvoirs publics sur les difficiles conditions de travail des enseignants caractérisées par la marginalisation de ces
derniers. Un des conférenciers a rappelé «l'état désagréable de l'enseignant chercheur et l'absence d'une stratégie claire de la part des responsables de l'enseignement supérieur qui classent au même titre un enseignant ordinaire et un enseignant chercheur alors que le statut particulier de l'enseignant chercheur a été promulgué en avril 2008». Les membres de Conseil national des enseignants du supérieur ont tenu à déclarer que la grève du 30 mai prochain a deux volets : l'état des lieux de l'université et la situation de l'enseignant. Le même conférencier poursuit en déclarant que la situation de l'université algérienne est «très alarmante et catastrophique, à cause du non-respect des engagements par la tutelle et l'absence de volonté des pouvoirs publics à construire un partenariat pour la prise en charge effective des revendications des enseignants et à bâtir une université publique performante au service du pays». Parmi les revendications des enseignants figurent celle relative au régime indemnitaire ainsi qu'un statut spécifique pour l'enseignant chercheur. Enfin, le conférencier a tenu «à dénoncer énergiquement l'état actuel de l'université algérienne ainsi que tous les fléaux qui dénaturent et déforment l'image de cette dernière». De son côté, le Conseil national des enseignants du supérieur de l'Université des sciences et de la technologie d'Oran (USTO) a décidé d'entrer en grève à partir du 30 mai prochain et a appelé au dialogue pendant les journées de la grève, selon un communiqué parvenu hier à notre rédaction. Cette décision a été prise à l'issue d'une assemblée générale organisée lundi 18 mai 2009, conclut le communiqué. Mohammed Zerrouki
Elwatan
Enseignement supérieur : Les facs privées arrivent
Le texte de loi d'orientation sur l'enseignement supérieur modifié en 2008 est entré en vigueur. Le cahier des charges fixant les conditions de délivrance de l'autorisation de création d'un établissement privé de formation supérieure et régissant son organisation et son fonctionnement est disponible.
Le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique s'apprête à publier un avis dans la presse nationale, invitant les personnes désirant créer un tel établissement de se rapprocher de la direction de la formation supérieure graduée du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Le cahier des charges définit les conditions liées à l'organisation de l'établissement privé, les enseignements dispensés, le personnel enseignant, les caractéristiques des locaux d'enseignement, les modalités d'inscription ainsi que la supervision et le contrôle de ces établissements. Conformément au nouveau texte de loi en vigueur, le dossier d'ouverture d'un établissement privé d'enseignement supérieur doit, en effet, comporter tous les détails sur le propriétaire, le personnel dirigeant, l'équipe de formation et d'encadrement, la nature des formations dispensées, la taille de l'établissement, son règlement intérieur. En cas de rejet d'un dossier, un recours peut être introduit auprès du ministère dans un délai de 1 mois à compter de la date de notification du rejet et il est statué sur le recours dans le mois qui suit. Pour pouvoir créer un établissement de formation supérieure, il faut d'abord être de nationalité algérienne.
La personne habilitée à représenter l'établissement doit justifier d'un capital social égal, au moins, au capital social exigé par la réglementation en vigueur en matière de création de société par actions. Aussi doit-elle au début de chaque année universitaire justifier auprès d'un ministère de l'Enseignement supérieur de la souscription d'une caution bancaire permettant de faire face aux dépenses inévitables dans le cas de fermeture. L'établissement doit nécessairement se doter d'un conseil d'administration et d'un conseil scientifique. Les deux tiers du conseil scientifique doivent être des enseignants contractuels à plein temps, titulaires d'un diplôme
ouvrant droit au minimum au grade de maître assistant. A cette composante s'ajoute le représentant du ministère de l'Enseignement supérieur qui n'est qu'un enseignant exerçant dans un établissement public d'enseignement supérieur.
L'organisation interne de l'établissement doit inclure, outre la structure administrative, une structure pédagogique chargée de l'organisation des études, des examens et des stages. La désignation du responsable pédagogique de l'établissement est soumise à un accord préalable du ministère. Les programmes et les contenus de l'enseignement doivent recevoir l'approbation du ministère. L'établissement doit disposer d'un personnel enseignant lui permettant d'assurer un taux d'encadrement au minimum égal au moins à un enseignant pour 25 étudiants dans les disciplines techniques et d'un enseignant pour 30 étudiants dans les disciplines des sciences humaines et sociales. La moitié du personnel enseignant doit travailler à temps plein. Les locaux destinés à accueillir des équipements pédagogiques doivent être conformes à ceux exigés aux établissements publics de l'enseignement supérieur. L'établissement doit, entre autres, disposer d'une bibliothèque, d'un laboratoire de langues, d'un centre de ressources de calcul (data center) et d'un cyberespace doté de moyens informatiques en quantité et en qualité nécessaires et suffisantes à la formation et aux travaux des étudiants. L'établissement est tenu de tenir au courant la tutelle de toute coopération avec des institutions et des établissements étrangers. En cas de non-respect du cahier des charges, le ministère peut retirer l'autorisation.
Par M. A. O.
Quotidien d'Oran
Cahier des charges fin prêt : Universités privées, c'est parti !
par Mahrez Ilies
C'est fait ! Le ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche scientifique vient d'annoncer le lancement de la procédure pour la création d'universités privées. Après les cycles primaire, moyen et secondaire, l'Algérie aura bientôt son université privée. Le ministère a, en effet, invité dans un communiqué, les personnes morales et physiques à se rapprocher de ses services pour retirer le cahier des charges et de la demande d'autorisation de création »d'un établissement privé de formation supérieure». Le ministère vient ainsi confirmer l'option de l'ouverture de l'enseignement supérieur en Algérie au privé, et d'orienter la formation vers la mise en place d'instituts spécialisés, à l'exception, pour le moment, des spécialités liées à la Médecine. C'est là, un pas de plus vers la privatisation de l'ensemble de la filière de l'enseignement généralisé, et un crochet de plus vers l'abandon du monopole du secteur public dans l'enseignement. Le cahier des charges est assez draconien, difficilement accessible pour les investisseurs aux faibles moyens pédagogiques et financiers. Ce cahier des charges fixant les conditions de délivrance de l'autorisation de création d'un établissement privé de formation supérieure, et régissant son organisation et son fonctionnement, a été déjà publié sur le Journal officiel en 2008. Outre les procédures et conditions de délivrance de l'autorisation, le cahier des charges énonce, sur plus d'une quarantaine d'articles, les conditions liées à l'organisation de l'établissement privé, les enseignements dispensés, le personnel enseignant, les caractéristiques des locaux d'enseignement, les modalités d'inscription, et le contrôle de ces établissements. En annexe, le même cahier des charges définit clairement les normes minimales de fonctionnalité relatives aux surfaces des locaux d'enseignement supérieur. Conformément aux disposions comprises dans ce cahier des charges, le dossier d'ouverture doit comprendre un certain nombre de documents, entre autres, une copie conforme du statut, le CV du responsable pédagogique, les effectifs des étudiants, les spécialités à couvrir, le certificat de nationalité algérienne du directeur, etc.
La personne habilitée à représenter l'établissement doit justifier d'un capital social égal, au moins, au capital exigé par la réglementation en vigueur en matière de création de la société par actions. Il doit aussi, au début de chaque année universitaire, justifier auprès du ministère, de la souscription d'une caution bancaire permettant de faire face aux dépenses occasionnées dans le cas de la fermeture de l'établissement. En outre, les responsables pédagogiques doivent présenter, pour approbation au ministre, les programmes, les cursus de formation ainsi que le régime des études, l'encadrement pédagogique, la nature des unités d'enseignement, leur durée, leur coefficients, etc... Pour les examens, les délibérations sont organisées par un jury d'examen présidé par un enseignant permanent de rang magistral désigné par le ministre chargé de l'Enseignement supérieur. Pour l'encadrement des étudiants, tout établissement privé doit justifier d'un personnel enseignant lui permettant un taux d'encadrement minimum égal au moins à un enseignant pour 25 étudiants dans les disciplines des sciences exactes et des technologies, un enseignant pour 30 étudiants en sciences humaines et sociales. Bref, les conditions sont draconiennes, et très peu de postulants peuvent, selon ces dispositions, se bousculer au portillon. Néanmoins, des potentialités existent, autant sur le plan pédagogique que financier pour l'avènement de l'enseignement supérieur privé en Algérie. Pour autant, et vu la consistance du cahier des charges, il n'y aura ni rush des postulants pour investir dans ce créneau, ni des candidats pour y poursuivre leur cursus universitaire. Dans un premier temps.

Le soir d'algérie

Actualités : NASSER DJABI, PROFESSEUR DE SOCIOLOGIE À L'UNIVERSITÉ D'ALGER, EST CATÉGORIQUE : «L'université algérienne est incapable de créer un mouvement estudiantin efficace»
Ce qui était par le passé un mouvement militant est devenu une structure banale, sans grande influence. Incapables de concevoir un projet, les mouvements estudiantins n'arrivent pas à mobiliser autour d'eux les étudiants. Pis encore, on assiste à la déconfiture de leur engagement. C'est le tableau qu'a dessiné hier Nasser Djabi, professeur de sociologie à l'université de Bouzaréah. Le mouvement estudiantin en Algérie est-il en train de s'essouffler ? Tous les indices le confirment, selon le sociologue, qui a animé une conférence de presse hier au forum d' El Moudjahid pour parler de l'expérience nationale dans le pluralisme estudiantin. Cette conférence, qui intervient dans le cadre de la commémoration de la Journée nationale de l'étudiant, célébrée hier, le 19 mai, a été l'occasion pour ce professeur d'évaluer le mouvement estudiantin créé depuis 53 ans. Sans surprise aucune, il dira que les organisations estudiantines s'affaiblissent. La preuve ? Le taux d'adhésion des étudiants à ces organisations ne dépasserait pas 1%. Ainsi les étudiants se désintéresseraient des organisations censées les représenter et défendre leurs droits au sein des universités. Désorganisée et éparpillée en plusieurs mouvements sans connivence, l'action de ces mouvements est limitée et les noms de leurs représentants ne s'affichent que lors des rentrées universitaires, selon le conférencier. Ne s'arrêtant pas là, il dira que le mouvement estudiantin, qui, dans le passé a fait la guerre de Libération, aujourd'hui, avec soidisant les mêmes engagements, ne réussit pas à se mobiliser pour une même opinion politique, la communauté universitaire lui échappe de plus en plus car il n'arrive plus à convaincre. «Le mouvement estudiantin vit une crise», a dit M. Djabi qui est aussi celle d'un système politique et d'une université qui ne reconnaissent pas leur autonomie à ces mouvements. Il dira que ce qui devait être un enjeu pour les partis politiques et le mouvement social n'a pas été perçu comme tel, alors que la communauté estudiantine est estimée à 1,5 million d'étudiants. Sans distinction, le conférencier estime que toutes les organisations vivent dans le désordre. Même celles qui, au début, ont réussi a créer un élan de militantisme dans le milieu estudiantin se sont noyées ou se suffisent de militer dans le cadre régionaliste. Celles-ci, dira-t-il, sont devenues des organisations d'élite. Selon les propos de l'intervenant, «ce sont des organisations vides qui n'arrivent pas à faire bouger la rue, le nombre des chaises est limité et c'est au plus malin de trouver une place». Pour le conférencier, aucun doute, que l'université dans son état actuel, est incapable de créer un mouvement estudiantin efficace. Ceci résume donc la situation du mouvement estudiantin dans notre pays. Le problème de transport, de l'hébergement ou de la restauration n'est toujours pas résolu. Comment s'attendre à des combats plus complexes ? Salima A.
Actualités : CRÉATION DES UNIVERSITÉS PRIVÉES Le cahier des charges disponible

Les écoles privées de l'enseignement supérieur pourront enfin se conformer aux règles des universités, si elles le souhaitent. Le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique vient de lancer un appel pour le retrait du cahier des charges pour l'autorisation de création d'établissement privé de formation supérieure. C'est ce qu'a indiqué hier un communiqué de ce département. Le ministère interpelle donc toutes les personnes désirant créer un établissement privé, de se rapprocher de la direction de la formation supérieure graduée pour le retrait du cahier des charges. Ce dernier a été élaboré en juillet 2008, une fois la loi sur l'orientation de l'enseignement supérieur modifiée. R. M.
L'expression
LE MINISTÈRE DE L'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR L'A OFFICIELLEMENT AUTORISÉ Des universités privées dès la rentrée prochaine 20 Mai 2009 - Page : 3
Avec la situation qui règne actuellement dans le secteur public, il est à craindre que cette décision provoque une véritable hémorragie d'enseignants dans nos universités.
L'enseignement supérieur sera ouvert au privé. L'Institut international de management deviendra la première université privée en Algérie à compter de septembre 2009. L'information nous a été révélée hier par M.Farouk Moukah, directeur des relations extérieures de l'institut en question. A moins d'un changement imprévisible, cette grande première dans notre pays augure d'une nouvelle ère dans le domaine de l'enseignement supérieur qui permettra, non seulement de désengorger les universités publiques, mais surtout de donner un véritable coup de fouet à la qualité des formations dispensées. Selon le même responsable, rencontré à la Maison de la culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou, à l'occasion de la cinquième édition des journées portes ouvertes sur l'Insim, un cahier des charges a été retiré par son organisme au niveau du ministère de l'Enseignement supérieur. Selon le même interlocuteur, l'Insim répond à toutes les conditions contenues dans le cahier des charges élaboré par le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, et conditionnant la création d'établissement privé de formation supérieure, conformément aux dispositions de la loi n°99-05 portant loi d'orientation sur l'enseignement supérieur. Dans ce sens, l'Insim réunit toutes les conditions requises pour devenir une université. Dans un premier temps, les cours seront dispensés dans les locaux actuels qui sont du reste conformes aux normes requises. Toutefois, de nouvelles bâtisses sont en cours de réalisation. Pour rappel, l'ouverture d'universités privées en Algérie est autorisée depuis janvier 2008, suite à l'adoption d'une loi par l'Assemblée populaire nationale votée à la majorité absolue. Ce texte de loi, qui met un terme au monopole de l'Etat sur un secteur aussi sensible que celui de la formation universitaire, a été publié dans le Journal Officiel du 24 août 2008. Cette université s'appuiera sur l'expérience de professeurs locaux et sur celle des Algériens expatriés dans les universités étrangères. Quant aux futurs étudiants, ils ouvrent droit à des formations dont les programmes sont dictés par des universités renommées de France et du Canada, ce qui fait que les diplômes délivrés par l'Insim peuvent porter le cachet de ces universités partenaires ou les deux à la fois. Les domaines d'intervention de l'Insim sont multiples, à savoir, le marketing, le commerce international, la comptabilité, l'économie, la gestion, la communication de l'entreprise... Par cette décision d'ouvrir l'enseignement supérieur au privé, l'Etat veut encourager l'excellence et contrecarrer la fuite des cadres à l'étranger. Lancée en 2004 par le Président Abdelaziz Bouteflika, l'idée a longtemps germé avant de se concrétiser. Dans son discours prononcé à Boumerdès à l'occasion du lancement officiel de l'année universitaire, le chef de l'Etat avait cité l'exemple de certains pays arabes, comme la Tunisie, la Jordanie, le Liban, l'Égypte et le Maroc, qui «ont mis des dispositifs juridiques, organisationnels appropriés» afin de développer l'enseignement supérieur privé. Aujourd'hui, avec les mutations qu'a connues le monde, le secteur privé national est appelé à
donner la pleine mesure de ses capacités dans ce domaine. Aussi, les établissements privés de formation supérieure se doivent d'être à la fois une pépinière d'excellence et le vivier d'une intelligentsia de qualité. Par ailleurs, plus de cinquante étudiants étaient mobilisés depuis la journée de lundi dernier au niveau de la Maison de la culture de Tizi Ouzou afin d'accueillir le nombreux public qui affluait sans cesse vers les différents stands de l'institut privé. La majorité vient s'enquérir du genre de formations dispensées par l'Insim et avoir une idée des conditions requises pour y accéder. D'ailleurs, une bonne nouvelle attend les visiteurs, car l'Insim vient de lancer une nouvelle formation dont pourront bénéficier même des postulants qui n'ont pas de niveau bien précis. Il s'agit de formations dans le domaine de l'informatique ouvertes à tous, à une époque où la maîtrise de l'outil informatique est plus qu'une nécessité. A cet effet, un contrat a été signé par l'Insim avec l'Icdl (Passeport des compétences informatiques européennes). Ce nouveau contrat vient s'ajouter aux quatre autres déjà existants et conclus entre l'Insim et des universités françaises et canadiennes. L'Insim existe en Algérie depuis 1994, mais depuis 2004 il a été procédé au lancement d'annexes dans plusieurs wilayas du pays, à savoir Tizi Ouzou, Béjaïa, Hassi Messaoud, Oran, Annaba, Constantine et Bouira. Le mois de septembre prochain, le champ sera élargi à d'autres villes comme Boumerdès, Blida et Sétif. Plus de 8000 étudiants suivent actuellement un cursus dans cet institut dont 1000 à Tizi Ouzou.
Aomar MOHELLEBI
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Université en Algérie : Des milliards pour une gestion catastrophique El-annabi

Université en Algérie : Des milliards pour une gestion catastrophique


mercredi 20 mai 2009.

Les universités en Algérie ont atteint un degré de régression intolérable et ce, malgré les budgets colossaux attribués à ce secteur.

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S'exprimant hier à l'issue de l'Assemblée générale de la section d'Alger du Conseil national des enseignants du supérieur (Cnes), Malik Rahmani, coordinateur national du syndicat, a dressé un tableau noir de la manière dont sont gérés les établissements de l'enseignement supérieur. D'après M. Rahmani, les universités algériennes sont mal gérées et le degré de régression a atteint le seuil de l'intolérable et ce, malgré la consécration des masses d'argent assez conséquentes se comptabilisant en milliards de dinars.

Selon le conférencier, cette situation est à l'origine de l'apparition de tous les « maux » des universités algériennes tels que la corruption, la médiocrité (en termes de formation) et la violence dans les campus. « On a bafoué toute la réglementation à tel point que la situation dépasse tout entendement », déclare-t-il. D'ailleurs, la grève décidée par le conseil national du Cnes pour le 20 de ce mois, dit-il, se veut un appel pressant aux autorités publiques pour intervenir, en urgence, en vue de sauver l'université algérienne de cette situation « gravissime ».

Le représentant des enseignants de l'enseignement supérieur n'y est pas allé avec le dos de la cuillère pour dénoncer certaines pratiques « illégales », et de surcroît commises par l'administration dans les différents établissements appartenant au département de Harraoubia. Il s'agit, entre autres, du secteur des œuvres universitaires qui subit, d'après M. Rahmani, une gestion malsaine et non transparente. « Au moment où nous avons demandé l'ouverture d'une enquête sur la commission des œuvres universitaires de l'université d'Alger qui n'a pas présenté son bilan moral et financier, nous avons été surpris de l'organisation par l'administration des élections pour l'installation d'une nouvelle commission.

N'est ce pas une transgression de la loi ? », s'interroge-t-il. Le porte-parole du Cnes a mis en garde la tutelle sur ce genre de pratique en la saisissant par écrit, car, explique-t-il, c'est l'argent des travailleurs qui est en jeu. « Aujourd'hui (ndlr), c'est la Journée de l'Etudiant et voilà un showroom de véhicules à l'intérieur du campus. Cela est une première dans les annales de la vie universitaire », allusion faite à l'exposition de véhicules organisée pour la nouvelle commission des œuvres universitaires d'Alger (à Bouzaréah) en faveur des fonctionnaires de l'université (enseignants et fonctionnaires de l'administration).

En outre, le conférencier déplore le manque, voire l'absence de management dans l'organisation de différents services au sein de l'université. C'est le cas des concours de recrutement et des examens de postgraduation où les critères de sélection, dénonce-t-il, ne sont pas ceux établis par la réglementation. « Nous ne voulons pas discuter ces problèmes de fond. C'est pourquoi nous avons marginalisé le Cnes volontairement », dénonce-t-il.

Publication universitaire

« L'Algérie au dernier rang » Selon M. Rahmani, coordinateur national du Cnes, la production algérienne est insignifiante même au niveau africain. D'après lui, une étude faite en Suède par l'Institut mondial de la recherche scientifique sur les publications universitaires en Afrique, l'Algérie est classée au dernier rang avec l'Ethiopie et la Tanzanie.

Selon l'orateur c'est l'Egypte, l'Afrique du Sud qui partage 49 % de productions scientifiques en publiant entre 6 000 et 10 000 publications annuellement. En deuxième rang, on trouve le groupe constitué du Maroc, de la Tunisie et du Kenya qui se partagent 26%. Et le dernier rang dont font partie l'Algérie et 43 autres pays africains dont l'Ethiopie et la Tanzanie, ne représentent que 25 %. « En Algérie, on produit entre 70 et 200 publications annuellement », dira le coordinateur du Cnes.

D. D.

Infosoir

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